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À ceux qui sont petits
À ceux qui sont petits
Est-ce ma faute à moi si vous n’êtes pas grands ?
Vous aimez les hiboux, les fouines, les tyrans,
Le mistral, le simoun, l’écueil, la lune rousse ;
Vous êtes Myrmidon que son néant courrouce ;
Hélas ! l’envie en vous creuse son puits sans fond,
Et je vous plains. Le plomb de votre style fond
Et coule sur les noms que dore un peu de gloire,
Et, tout en répandant sa triste lave noire,
Vous éteignez les feux du front de l’orateur.
Vous tenez dans l’histoire une place d’horreur ;
On vous voit, dans le coin des basses calomnies,
Mordre, comme des chiens, les grandes renommées.
Vous ressemblez à ceux que, dans les cimetières,
La nuit, on entend rire avec des voix de pierres.
L’ombre est votre élément, l’hiver votre saison.
Vous haïssez le jour, vous haïssez la raison.
Vous êtes les corbeaux dont la troupe s’abat
Sur les lions tombés et qu’elle ne tue pas.
Quand le peuple gémit sous le joug odieux,
Vous l’insultez, petits, rampants, silencieux !
Vous avez, pour mordre, un sourire de fange ;
Vous prenez l’ombre au piège et la lumière au change ;
Vous vivez dans l’égout, vous mourez dans le crottin.
Ô nains ! vous me voyez debout et souverain,
Moi, j’ai l’aigle à mes pieds, et, dans mon horizon,
Je porte le soleil et la révolution ! |
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