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【分享】每日一帖詩

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發表於 2006-3-1 13:00:25 | 顯示全部樓層 |閱讀模式
À ceux qui sont petits

À ceux qui sont petits
Est-ce ma faute à moi si vous n’êtes pas grands ?
Vous aimez les hiboux, les fouines, les tyrans,
Le mistral, le simoun, l’écueil, la lune rousse ;
Vous êtes Myrmidon que son néant courrouce ;
Hélas ! l’envie en vous creuse son puits sans fond,
Et je vous plains. Le plomb de votre style fond
Et coule sur les noms que dore un peu de gloire,
Et, tout en répandant sa triste lave noire,
Vous éteignez les feux du front de l’orateur.
Vous tenez dans l’histoire une place d’horreur ;
On vous voit, dans le coin des basses calomnies,
Mordre, comme des chiens, les grandes renommées.
Vous ressemblez à ceux que, dans les cimetières,
La nuit, on entend rire avec des voix de pierres.
L’ombre est votre élément, l’hiver votre saison.
Vous haïssez le jour, vous haïssez la raison.
Vous êtes les corbeaux dont la troupe s’abat
Sur les lions tombés et qu’elle ne tue pas.
Quand le peuple gémit sous le joug odieux,
Vous l’insultez, petits, rampants, silencieux !
Vous avez, pour mordre, un sourire de fange ;
Vous prenez l’ombre au piège et la lumière au change ;
Vous vivez dans l’égout, vous mourez dans le crottin.
Ô nains ! vous me voyez debout et souverain,
Moi, j’ai l’aigle à mes pieds, et, dans mon horizon,
Je porte le soleil et la révolution !
 樓主| 發表於 2006-3-1 17:23:18 | 顯示全部樓層
这是雨果的诗,试译了一些,继续...

致那些渺小之人

若你们生来不高大,难道怪我之过?
你们偏爱猫头鹰、鼬鼠与暴君,
偏爱密史脱风、西蒙风、暗礁与狂躁之月;
你们是忿恨于自身虚无的密耳弥冬人;
唉!嫉妒在你们心中掘出无底深井,
我倒可怜起你们来。你们文笔如铅熔化,
流淌在那被少许荣光镀金的姓名之上,
一边倾泻着它那凄惨的黑色熔岩,
熄灭演说家额头上燃烧的光焰。
你们在历史中占据着一个可怖的位置;
人们看见你们,在卑劣诽谤的角落里,
像狗一样撕咬那些伟大的声名。
你们仿佛那些——在墓地里,
夜里被人听见、以石头的嗓音发笑的家伙。
阴影是你们的本源,寒冬是你们的季节。
你们憎恨光明,你们憎恨理性。
你们是那群乌鸦,扑向倒下的狮子,
却并不曾将其啄死。
当人民在可憎的枷锁下呻吟,
你们竟还要侮辱他们,渺小、匍匐、沉默!
你们用污泥般的笑容去噬咬;
你们以阴影为陷阱,拿光明做交易;
你们生于阴沟,死于粪土之中。
噢,侏儒们!你们见我昂然而立、凛然不可侵犯,
我脚下踩着苍鹰,而在我的地平线上,
我承载着太阳与革命!
 樓主| 發表於 2006-3-2 22:19:18 | 顯示全部樓層
Correspondances

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.
 樓主| 發表於 2006-3-3 22:37:29 | 顯示全部樓層
Confession

Une fois, une seule, aimable et douce femme,
A mon bras votre bras poli
S’appuya (sur le fond ténébreux de mon âme
Ce geste est resté gravé).
La nuit était pareille aux soirs de juin, sans lune ;
Nous allions sans parler ; votre robe, à la brune,
Frôlait les roseaux verts ainsi qu’un aile d’oiseau.
Un souffle effeuillait l’arbre où chantait l’oiseau.
J’étais sombre ; pourtant, à ce moment peut-être,
Si vous m’aviez souri, j’aurais pu croire en être.
Mais vous n’avez pas su, vous qui lisiez mon cœur,
Me dire un seul mot, non, pas même un mot vainqueur !
Et cependant, j’étais jeune et plein de tendresse ;
Je vous aurais aimée, ô vous, si belle et pure !
Mais vous passâtes, et mon âme, aujourd’hui sombre,
Garde encore ce soir-là, comme un divin remords,
Comme un regret sacré, comme une douleur sombre,
Le souvenir d’un bras qui s’appuya sur mon bras.
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